Apprentissage de la lecture : le B-A BA

apprendre a lire

Flickr- f.clerc


 

Je vous ai proposé dans un précédent article de découvrir comment l’enfant apprend à lire. Tout passe bien sûr par l’apprentissage du langage, puis par la reconnaissance visuelle des mots en tant qu’objets.

Vient ensuite ce que Stanislas Dehaene appelle la seconde voix de lecture.

 
 

La reconnaissance des phonèmes

 

Au départ, l’enfant reconnaît les mots de manière globale. Peu à peu, vers 6-7 ans, il prend conscience que les mots sont constitués de lettres et de sous-ensembles, qui forment alors des sons. C’est ce que l’on appelle plus communément le B-A BA. En effet, pour lire, nous ne déchiffrons pas les lettres les unes après les autres, mais nous les assemblons pour parvenir à découvrir les mots qu’elles forment.

Pour prendre un exemple, le mot »KIWI » ne se lit pas « Ka », « I », « double V », « I » mais est bien constitué des phonèmes « KI » puis « WI ».

Cette compréhension passe par l’apprentissage de l’alphabet, sans lequel nous ne sommes pas capables d’entendre les phonèmes. Il a en effet été prouvé qu’un adulte non alphabétisé n’avait pas cette capacité.

Transformer les graphèmes en phonèmes est donc une étape indispensable à l’acquisition de l’acte de lecture ; c’est ce que l’on appelle la conscience phonologique.

 
 

Jouer avec les sons pour mieux lire ?

 

Selon certains chercheurs, les enfants habitués à jouer avec les sons, à inventer de nouveaux mots en mélangeant des phonèmes, apprendraient plus vite à lire.

Mais au final, ce sera surtout l’interaction entre analyse des sons et décodage des lettres qui restera la plus efficace pour un apprentissage fluide de la lecture, allant des syllabes « simples » (BA, CO, DU,…) vers les plus complexes, avec plus de consonnes (eXPeCTaTiVe, GRiMaÇANT, oiGNoN…).

L’entraînement permettra également à l’enfant de lire plus vite, de ne plus déchiffrer péniblement les mots, une lettre après l’autre mais de les lire en mode quasi-automasité. En effet, au fil de son apprentissage, l’enfant stocke littéralement dans son cerveau tout un tas de combinaisons, qu’il maîtrisera d’autant mieux qu’elles seront plus fréquentes dans la langue. Les mots rares resteront donc difficiles à déchiffrer, seule une pratique régulière de la lecture permettra à l’enfant d’enrichir son « encyclopédie » et de reconnaître ainsi de plus en plus vite les mots.

 
 

Une contrepèterie pour finir ?

 

Je vous ai longuement parlé du décodage qui se met en place au moment de l’acte de lecture, transformant les graphèmes en phonèmes, en sons et en mots.

Amusez-vous maintenant à déchiffrer les jeux de mots suivants, l’art du contrepet inventé par ce cher Rabelais n’est là que pour vous distraire !

Pour la plus connue : « il n’y avoit qu’une antistrophe entre femme folle à la messe, et femme molle, à la fesse. » (Rabelais)

Ou encore : « Le vaincu de son cœur » (Victor Hugo)

et en devinettes : « Qu’a bu le fils cadet du musicien ? » (Joël Martin)

 

A vos réponses en commentaires et à bientôt sur Lecture Active !!

 
 

2 Commentaires

  1. Trouvé ! « Le vainqueur de son c… » (très rabelaisien aussi…!),et pour l’autre, je suis moins sûre : il boit du muscadet ?

    Une méthode de lecture vraiment géniale, super ludique, c’est « La Planète des Alphas » (publicité gratuite !): chaque lettre est représentée par un petit personnage rigolo, qui « dit » le son associé à la lettre. Et tout ça va très bien avec le travail syllabe par syllabe dont tu parles.
    Claude, de « J’aime l’EFT » Articles récents…Kirikou et la sorcière (1) : Le poids des habitudes mentales.My Profile

    • bravo !
      pour la dernière : il s’agit du muscadet du physicien.
      Merci pour le truc de la Planète ALpha. je vais regarder cela de plus près.
      A bientôt

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