Extrait d’un article du Monde : les enfants « pauvres » et l’illetrisme

apprendre à lire

Flickr – Etolane

Cela est rare sur Lecture Active, mais j’avais envie aujourd’hui de partager avec vous aujourd’hui un extrait d’un article paru sur Le Monde, qui interroge différents scientifiques et professionnels sur l’école.

Dans cet article du 7 février 2014, la parole est donnée à Stanislas Dehaene, auteur des Neurones de la Lecture dont je vous ai déjà parlé sur ce blog.

M. Dehaene rappelle notamment quels sont les fondamentaux de l’apprentissage de la lecture, dont la compréhension est nécessaire pour qui veut améliorer ses performances de lecture.

 

Extrait de l’interview :

 

Tous les enfants peuvent-ils vraiment apprendre à lire ?

 

Oui, même les dyslexiques sévères, à condition de leur proposer un enseignement systématique. Le principe alphabétique ne va pas de soi. Il faut en enseigner explicitement tous les détails : la correspondance de chaque lettre ou groupe de lettres avec un son du langage, la distinction entre voyelle et consonne, le déroulement du mot de la gauche vers la droite, les lettres muettes, les terminaisons grammaticales – et cela, avec une progression systématique du plus simple au plus complexe, et sans jamais proposer à l’enfant de mots dont on ne lui ait pas enseigné, d’abord, les clés de lecture.

 
 

Vos recherches en imagerie cérébrale démontrent que tous les enfants bénéficient des mêmes capacités cognitives. Alors, comment expliquer que les élèves issus de milieux défavorisés ont plus de difficultés que les autres pour apprendre à lire ?

 

Les réseaux fondamentaux de la vision et du langage sont effectivement les mêmes pour tous. Ce qui manque, en revanche, aux plus démunis, c’est un environnement stimulant. Faute de livres, leur vocabulaire est réduit. Faute de jeux intelligents, leur flexibilité cognitive est moindre. Résultat : ils sont plus vulnérables que les autres aux troubles de l’apprentissage.

 
 

Les enseignants font pourtant beaucoup pour eux. Comment peuvent-ils les aider à surmonter ces troubles, notamment en lecture ?

 

En s’adaptant au fonctionnement cognitif des élèves. Cela signifie que l’enseignement doit insister sur la conversion des lettres en sons. Pourquoi ? Parce que quand un enfant apprend à lire, son cerveau effectue trois étapes. La première consiste à identifier la séquence de lettres. La deuxième, le décodage de leur prononciation. Et c’est seulement en dernier qu’intervient le sens. Il faut attendre plusieurs années avant que la lecture devienne un automatisme. Seul un lecteur expert passe directement des chaînes de lettres à leur signification. C’est pourquoi le déchiffrage des lettres, qui ne devient automatique qu’au bout de deux ou trois ans chez un enfant, est une étape extrêmement importante. Penser qu’on peut la court-circuiter afin d’accéder directement au sens des mots, à leur signification, est une grave erreur. C’est néanmoins ce que proposent certaines méthodes mixtes.

 
 

Pour lire la suite, vous pouvez vous rendre sur cette page du Monde, où vous trouverez d’autres interviews extrêmement intéressantes pour qui s’interroge sur l’avenir de notre école « à la Française ».

 

A bientôt !

 
 

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