Subvocalisation : l’identifier et la supprimer

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La Castafiore - Hergé

La Castafiore – Hergé

Il y a quelques mois, je vous parlais d’un premier frein à une lecture rapide : il s’agissait de la subvocalisation.

Je vous propose aujourd’hui d’identifier si vous êtes concerné et comment vaincre cette mauvaise habitude qui, rassurez-vous, touche beaucoup de lecteurs…

 
 

Subvocalisation : comment l’identifier ?

 

Lorsque nous apprenons à lire à l’école, nous commençons par apprendre à identifier les lettres, les syllabes puis les mots dans leur ensemble. Le son est particulièrement important et  c’est ce qui explique qu’enfants, nous avions tendance à lire à voix haute.

Aujourd’hui encore, il est probable que vous prononciez les mots les plus compliqués à voix haute pour mieux vous en approprier le sens. Ne vous en faîtes pas, vous n’êtes pas les seuls ! Et même si vous ne lisez pas en parlant, vous pouvez avoir tendance à subvocaliser, c’est-à-dire à prononcer les mots sans vous en rendre compte et sans forcément les entendre.

Un autre indice : bien souvent, les personnes qui subvocalisent suivent le texte avec leur doigt, car leurs yeux vont plus vite que leur parole et ils sont obligés de les ralentir en touchant le mot pour s’y attarder et le prononcer.

Le problème est que l’articulation d’un mot prend environ quatre fois plus de temps que sa simple perception visuelle et intellectuelle. Il s’agit là d’un frein très important à une lecture rapide et efficace.

 

Pour vérifier si vous subvocalisez :

– placez votre pouce et votre index sur votre gorge et suivez des yeux les lignes d’un texte. Si vous sentez des vibrations, c’est que vous subvocalisez !

– vous pouvez également placer un tissu ou un papier sur vos lèvres; s’il tombe, c’est que vous bougez imperceptiblement votre bouche en lisant.

– si en plus vous suivez le texte du doigt, vous avez alors découvert là un moyen d’améliorer votre vitesse de lecture en supprimant ces défauts qui vont bien souvent de pair !

 
 

 Subvocalisation : comment y remédier ?

 

Bien sûr, la prise de conscience est déjà une étape très importante. Mais je vous propose quelques petits trucs pour vous entraîner à ne plus subvocaliser.

 

Astuce n°1 :

Lisez en écoutant une musique douce. Votre attention pourrait ne plus être absorbée par le son des mots et peut-être ne serez-vous plus tenté par l’articulation des mots.

 

Astuce n°2 :

Empêchez-vous de suivre le texte avec votre doigt ou un crayon. Cela invitera vos yeux à aller à une vitesse qui leur est naturelle, moins ralentie par le guide utilisé.

 

Astuce n°3 :

Plusieurs jours d’affilée, pendant 10 jours par exemple, prenez un moment et amusez-vous à lire les phrases suivantes, en essayant d’accélérer votre lecture. N’oubliez pas de placer vos doigts sur votre gorge pour vérifier si vous subvocalisez !

Groupe de phrases 1 (extrait de l’Aubade à Lydie en Do – Bobby Lapointe) :

Les tantes entendant tant d´anomalies
Lui disent : « Vilain menteur,tu nous salis »
C´est vrai qu´c´est faux d´croire qu´les tantes acculent
Leur nièce à cette union ridicule
Qui donc lui a mis cette idée en tête?
Ne serait-ce point le marchand de carpettes?
Si! C´est ici qu´le sadique Sidi
A dit qu´il a dit si

Et Lydie aussi

 

Groupe de phrases 2 :

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?

Trois tortues trottinaient sur trois toits très étroits.

Six Suisses scient six cent six saucisses en six cent six morceaux.

Qu’a bu l’âne au lac ? Au lac, l’âne a bu l’eau.

Quel émoi, mon oie se noie, c’est la loi, oui ma foi.

L’ours maousse pousse la mousse et tousse dans la brousse.

Le petit panda, parti du Pérou, pratiquaient le patin dans le pré des Pygmées.

Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches, archisèches ?

 

Groupe de phrases 3 (extrait de Ta Katie t’a quitté – Bobby Lapointe) :

Tic-tac tic-tac
Ta Katie t´a quitté
Tic-tac tic-tac
Ta Katie t´a quitté
Tic-tac tic-tac
T´es cocu, qu´attends-tu?
Cuite-toi, t´es cocu
T´as qu´à, t´as qu´à t´ cuiter
Et quitter ton quartier
Ta Katie t´a quitté
Ta tactique était toc
Ta Katie t´a quitté
Ote ta toque et troque
Ton tricot tout crotté
Et ta croûte au couteau
Qu´on t´a tant attaqué
Contre un tacot coté
Quatre écus tout comptés
Et quitte ton quartier
Ta Katie t´a quitté

 

N’hésitez pas à me faire part de vos résultats et à bientôt sur Lecture Active !

 

8 Comments

  1. Merci pour ces quelques astuces, ce n’est pas forcément évident, en tout cas ça va être un exercice sur le long terme!
    kelly Articles récents…Le shampoing « Amande Hair » à l’amandeMy Profile

    • il est clair que la subvocalisation, est l’un des freins les plus difficiles à éliminer. A vous de jouer !

  2. Bonjour,
    Merci pour les textes « fabuleux » de Bobby Lapointe. Quel délice de les lire. je me suis même aperçue que je les chantais…mais ne subvocalisais pas du tout. J’ai été étonnée ! Enfin de compte, je me suis aperçue que tout ce qui est de « l’ordre » des jeux de mots (humour), poésies…etc, je les lisais très facilement et rapidement car ils correspondent, peut-être, à ma façon de penser. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’il y a démonstration avec des chiffres que je n’aime pas. Question de motivation, sans doute ! Brigitte

  3. merci pour l’article, j’étudie en ce moment la méthode Richaudeau et je ne vois pas si je subvocalise car a chaque fois que j’entends parler e subvocalisation il y a un impacte physique (levre qui bouge etc…) alors que moi je me prononce les mot mentalement sans qu’il n’y ai aucune action sur ma gorge ou mes levre, ça reste juste mental comme dans le cadre d’une pensée

    • je comprends ce que vous voulez dire : vous êtes à la limite de la subvocalisation. Vous êtes surtout embarrassé par une lecture en « mot à mot ». Pour contrer cette habitude de prononcer les mots dans votre tête, entraînez-vous à lire PLUSIEURS mots à la fois.
      Dans le livre de Richaudeau , travaillez plus particulièrement les exercices en 2 ou 3 points de fixation (en fin d’ouvrage). Vous avez aussi les exercices du livre de Tony Buzan pour augmenter votre éventail visuel : La lecture rapide – Tony Buzan
      (pages 38 sq)
      Le test 3 qui vous est envoyé si vous êtes inscrit sur le site Lecture Active vous permet également de travailler sur la largeur de votre champ visuel.
      Bon entraînement à vous !!

  4. Je pense être dans le même cas que Matt. Depuis que j’en ai entendu parler, je crois avoir identifié une tendance à « articuler mentalement ». Aucune manifestation physique cependant, pas de lèvres qui bougent ni de vibration dans la gorge. Pourtant je lis beaucoup et j’étais déjà à l’école, d’après ma mère institutrice, un bon lecteur, plutôt précoce.
    Si je souhaite confirmer que je « subvocalise » et le corriger, ce n’est pas pour lire plus vite. Le temps que je passe avec un livre est un temps joyeux et, plus le livre me plaît, moins je suis pressé d’en finir. J’espère juste, en apprenant à mieux lire, que je comprendrai, assimilerai et retiendrai mieux mes lectures grâce à une meilleure concentration.
    Mais qu’en est-il de la « musique des mots »? Dans la poésie, bien sûr, mais également dans la prose? Que deviennent, par exemple, les liaisons? Un écrivain est sensible au son des mots: les écrivains dont la prose est la plus agréable pensent nécessairement au son lorsqu’ils écrivent et choisissent leurs mots. Peut-être les plus doués d’entre eux sont-ils aussi des lecteurs qui « subvocalisent »?

  5. Bonjour Madame,

    Je suis une lectrice experte et je fais du soutien scolaire en particulier à des enfants ayant des difficultés d’apprentissage.
    D’habitude je ne perds pas mon énergie à faire des commentaires mais là je vous avoue que je suis choquée de vos propos et les bêtises que vous colportées sur le web.

    Je comprends désormais pourquoi il y a de plus en plus d’enfants dys.
    Un petit cours en sciences cognitives :

    La subvocalisation est la « petite voix  » qu’on entend dans sa tête lorsqu’on lit ou que l’on écrit silencieusement.
    Elle se construit petit à petit et elle primordiale pour les apprentissages conscients=
    Lorsqu’on apprend à lire, on le fait à voix haute car les aires du langage sont dans le cerveau gauche (Broca et Wernicke), le cerveau conscient. Puis, au fur et à mesure, avec de l’entrainement, l’enfant va chuchoter, puis remuer les lèvres et ensuite l’intérioriser. Elle sera quasi inaudible chez un lecteur expert sauf en cas de fatigue ou dans des ouvrages difficiles.
    Cette étape va permettre de mettre en place l’évocation (accès au sens) et non la visualisation, technique très répandue pour une lecture rapide.
    comme je l’ai dit, l’apprentissage de la lecture prend du temps.
    Si une personne lit avec son doigt, c’est que justement cette étape si importante n’est pas mis en place. Ce n’est pas grave, il faut prendre le temps de bien synchroniser ce qu’on voit et ce qu’on dit et le faire en même temps. L’œil n’est pas un outil d’analyse.

    Autre chose, la subvocalisation n’a rien à voir avec le fait que les cordes vocales vibrent !

    Je suis un peu remontée en lisant de tels propos.
    Je ne sais pas où vous appris ces techniques mais elles sont dangereuses.

    Je vous conseille fortement de lire l’ouvrage d’Elisabeth Nuyts  » dyslexie, dyscalculie, dysorthographie, trouble de la mémoire et prévention et remèdes ainsi que de regarder les vidéos du neurologue Nicolas Dehaene.

    J’espère sincèrement que vous ne vous occupez pas d’enfants car autrement, ils vont devenir « dys ».
    Bien à vous.

    • bonjour Madame
      je vous remercie de votre commentaire. Il est toujours intéressant d’avoir le point de vue d’autres personnes.
      Je ne suis ni neuroscientifique ni orthophoniste ni médecin. Je me suis formée en lisant de très nombreuses ouvrages portant sur le sujet de la lecture, dont « les neurones de la lecture » de M. DEHAENE.
      Cet article traitant de la subvocalisation prend ses sources dans ma lecture principalement « du » Richaudeau et date maintenant de 2012, d’il y a donc 9 ans. La recherche a peut être progressé depuis. J’ai toujours écrit mes articles après m’être documentée sur les sujets traités, je ne souhaite pas « colporter » de bêtises, comme vous semblez le penser.
      Bref, je travaille depuis près de 10 ans avec des ADULTES qui ont des difficultés de compréhension et de « rapidité » de lecture. Nombre d’entre eux ont pu expérimenter mes propositions et ont pu contrecarrer cette subvocalisation qui (parmi d’autres éléments) freinait leur lecture. Mes conseils ne semblent donc pas aussi stupides que cela.
      Pour vous rassurer enfin, j’ai toujours renvoyé les parents d’enfants en difficultés de lecture vers les professionnels adéquats, je ne suis pas en capacité de les accompagner.
      Je ne connais pas Elisabeth Nuys, dont les écrits traitent de sujets dont je ne me prétends pas spécialiste. Je vous remercie toutefois de m’avoir communiqué son nom.
      Les seuls enfants dont je m’occupe sont les 3 miens et ils n’ont développé aucun trouble dys, bien leur en soit fait ! (ils sont même très en avance en termes de « performances de lecture » par rapport à leurs camarades (même si je déteste ce terme de « performance », je ne les ai pourtant jamais particulièrement poussés)
      Bonne continuation à vous

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